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BLOG - L'UMP et le débat sur la candidature de la Turquie

L'UMP a décidé de ne pas soutenir la perspective de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE). En cela, nous prenons la même position que nos partenaires allemands de la CDU-CSU, et que l'immense majorité des partis politiques de la droite et du centre membres du PPE - Parti populaire européen.

Nous sommes convaincus que cette candidature est incompatible avec une ambition politique et sociale pour l'Europe telle que celle définie dans le projet de Constitution européenne. La reconnaissance du caractère « européen » de la Turquie comporterait en outre un inconvénient très grave : plus rien ne s'opposerait alors aux candidatures de pays tels que l'Ukraine, la Russie, la Géorgie, l'Arménie, Israël et le futur Etat palestinien, le Maroc – pour ne citer que ceux qui ont déjà exprimé un vœu, voire un début de candidature formelle. L'entrée de la Turquie serait la fin de l'objectif de l'Europe politique et, d'une certaine manière, de l'Europe tout court.

Cette position officielle de l'UMP n'est pas un revirement mais une clarification. Les députés européens UMP se sont opposés à cette perspective depuis bien longtemps, notamment en mars dernier lorsque nous avons émis un vote négatif sur ce sujet à l'occasion d'un rapport sur l'élargissement. De plus, individuellement, des personnalités de l'UMP comme Alain Juppé, Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy, Alain Madelin, Jean-Pierre Raffarin, n'ont jamais fait mystère de leur préférence pour une solution alternative qui prendrait la forme d'un « partenariat stratégique » entre l'UE et la Turquie. Cette position n'est pas un calcul électoral passager, mais nous engage en tant que parti politique et en tant qu'élus dans les votes futurs.


Rédigé par Alain Lamassoure le 1.06.2004 @ 15:07

Commentaires

Monsieur,

Permettez-moi de vous exposer en quelques mots ma plus forte désaprobation quant à votre attitude au sujet de l'adhésion de la Turquie dans notre Europe Occidentale. La Turquie, à mon sens, à toute sa place dans l'U.E et il me parait bon de rappeler que cet Etat est soumis à de nombreux critéres qui, pour être clair, la conditionne à atteindre les objectifs tant économique que sur la question des droits de l'Homme. Il est bon de rappeler que nous souhaitons construire une Europe représentative des gens qui y habitent, il me semble que la population Européenne est composée d'un fort pourcentage de musulmans il est donc normal, et ce de plein droit, que la Turquie soit représentée et fasse partie intégrante de l'U.E d'autant plus que son histoire tout comme celle de l'Europe sont liées. Doit-je vous rappeler que nous voulons, et je serai catégorique, une Union Européenne solidaire et basée sur des Valeurs de paix et de fraternité entre les peuples et les cultures. En tant que musulman non - pratiquant, je me refuse à vivre dans une Europe Orgueilleuse et renfermée sur elle même, place maintenant à l'entraide mutuelle entre les Etats et à la pleine représentativité des peuples qui y habitent. Je dis donc, un OUI ferme et définitif à la Turquie, il en va de l'image que l'Europe souhaite se donner à travers le monde et ralions nous de gràce à la position britannique qui fait preuve d'exemplarité sur ce sujet. Je confirme par ces mots mon soutien fidéle à l'énoncé du Général de Gaulles et aux Hommes de grandes Vertues.
Mr. Belkacem.

Publié par: Belkacem le 1.06.2004 @ 23:37

Monsieur,

Quid des déclarations du Président de la République du 30 avril 2004 selon lesquelles "Ma conviction est que la Turquie a une vocation européenne, mais que son entrée dans l'Union n'est possible que dans des conditions qui ne sont pas aujourd'hui réunies" ?

C'était juste pour amuser la galerie journalistique ? A moins que Jacques Chirac ne fasse plus parti de l'UMP ?

Peut-être qu'accorder vos violons ne serait pas inutile. Pour rappel, la note de réference est le "la 440".

Bon déboires.

Publié par: kael le 2.06.2004 @ 22:37

Je serai toujours stupéfait de lire, voir ou entendre un débat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne...

Encore des considérations géographique, religieuse, démographique, etc...

Permettez moi de vous rappeler que la Turquie est un état criminel au regard du droit international édicté dans la Charte des Nations Unies, condamné à de nombreuses reprises par des résolutions du Conseil de Sécurité.

Ses crimes? Depuis trente ans, la Turquie occupe près de 38% du territoire chypriote, y stationne à grand frais des soldats et des armements perfectionnés, jusqu'à faire de la région l'une des plus militarisées de la planète. En outre, elle reconnait et soutient financièrement l'état sécessioniste et illégal dirigé par M. Denktash et y poursuit une politique de colonisation, dénoncée par le protocole de Vienne iii, en violation des Conventions de Genève.

Ai-je besoin de rappeler que Chypre fait partie de l'Union Européenne depuis le 1er mai, et ce dans son intégralité territoriale?

Pour résumer, la Turquie occupe illégalement un pays de l'Union Européenne.

Aussi, avant de proceder à un débat sur des considérations géographique, religieuse, démographique, etc... il serait bon de dire que l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ne saurait être à l'ordre du jour, tant que celle-ci sera un état criminel...

CQFD

A bon entendeur, salut !

Publié par: Andréas le 3.06.2004 @ 20:24

Je partage le constat mais pas la conclusion du message d'Andréas. Que la Turquie occupe de manière illégale une partie du territoire de Chypre est certain. De même, elle n'a toujours pas reconnu la réalité du génocide arménien et maintient en détention de nombreux prisonniers politiques dont Leyla Zana, ce qui est inacceptable. Ces éléments à eux seuls lui ferment les portes de l'UE puisqu'ils sont une violation évidente des critères de Copenhague sur les droits de l'homme. Elle ne répond pas non plus aux critères économiques. Pour autant, il n'est pas absurde de s'interroger aujourd'hui sur la vocation européenne de la Turquie dans la perspective heureuse et espérée, où cette dernière viendrait à renoncer à ses errements passés. Or ce jour n'est peut être pas si éloigné. Nous avons frôlé un accord sur Chypre il y a deux mois et nous pouvons l'espérer pour bientôt. Nous devons également reconnaître une certaine décrispation du gouvernement actuel sur le droit des minorités et sur Chypre. Autrement dit, dire « que l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ne saurait être à l'ordre du jour, tant que celle-ci sera un état criminel », c'est implicitement reconnaître la vocation européenne de la Turquie une fois les critères remplis. Et là je ne suis pas d'accord !
Enfin, le débat posé par l'UMP sur « les frontières » de l'Union européenne est un débat difficile mais nécessaire. Si nous militons pour une véritable solidarité européenne, notamment à l'avenir dans le domaine de « la défense » et de « la politique étrangères », il est nécessaire de se mettre d'accord sur l'identité des membres, présents et à venir, ainsi que sur une doctrine. En cela nous sommes plus cohérent que les socialistes qui prônent d'un côté le SMIC européen et les 35 Heures et de l'autre l'adhésion de la Turquie. Or, n'y aura pas de projet social ambitieux en Europe avec une fuite en avant dans l'élargissement vers une union eurasiatique. La position de l'UMP pour "l'Europe européenne" est bien plus sage.
Vincent, militant Jeunes populaires

Publié par: Vincent le 5.06.2004 @ 16:10

A l'attention de Mr. Belkacem
Vous confondez « Europe » et « Union européenne ». L'Europe est un continent et une civilisation. La question n'est pas de savoir si la Turquie est européenne mais si son adhésion est compatible avec le projet politique de l'UE. Pour l'UMP la réponse est clairement non.
L'Union européenne doit avoir des frontières sinon elle n'est qu'un espace économique. Personne ne reproche aux Etats-Unis, à la Chine, ou à l'Inde, d'être des ensembles « orgueilleux et refermés sur eux-mêmes » !!! Pourtant, les Etats-Unis ont proposés à leurs voisins du Canada et du Mexique le même type de partenariat privilégié que nous proposons à la Turquie, comme à l'Ukraine ou à la Russie.

Publié par: Alain Lamassoure le 7.06.2004 @ 13:08

A l'attention de Kael
Les militants UMP se sont exprimés lors du dernier conseil national. Ils ont soutenu à plus de 71% la contribution soutenant le projet de Constitution européenne et s'opposant à l'adhésion de la Turquie, les autres contributions y étant également plutôt hostiles. C'est la position officielle du parti, la position officielle de notre campagne et elle engage nos futurs parlementaires européens dans leurs votes au Parlement européen.
Le Président de la République devra évidemment tenir compte des résultats des élections du 13 juin. L'entrée d'un nouveau pays dans l'Union ne relève pas d'une décision solitaire du Président de la République, mais du vote du Parlement (où l'UMP est majoritaire) ou du peuple français par référendum.

Publié par: Alain Lamassoure le 7.06.2004 @ 13:09

Juste une petite rectification pour Vincent :
quand je dis que « l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ne saurait être à l'ordre du jour, tant que celle-ci sera un état criminel », je ne sous-entends pas que si la Turquie n'était pas un état criminel (ou si elle ne l'était plus) il serait évident qu'elle aurait sa place dans l'Union Européenne... Je dis que le débat quant à son éventuelle adhésion (car il est bon d'avoir un débat à ce sujet, même si ce débat devrait plutôt porter sur la finalité de l'UE, ce qui édicterait clairement qui a vocation a en faire partie ou non) ne devrait même pas avoir lieu dans ces conditions.
Que l'UMP ait une position claire sur le sujet est en soi une bonne chose, mais c'est une position qui ne devrait pas avoir lieu d'être, puisque l'UMP, et l'ensemble des partis politiques et de nos dirigeants, devraient affirmer le caractère impossible d'un tel débat, au nom du droit international, au lieu de s'y engouffrer tête baissée.

Car qui à l'UMP a parlé de l'occupation de Chypre par la Turquie???

A bon entendeur, salut !

NB : Si je critique l'UMP ici, c'est qu'il serait mal venu pour moi de critiquer nominalement les autres partis politiques sur cette tribune de l'UMP. Soyez certains que sur ce sujet, j'ai la même attitude envers tous les autres organismes qui se trompent de débat...

Publié par: Andréas Thalmann le 7.06.2004 @ 13:23

Messieurs,

J'ai bien noté vos arguments quant à votre incapacité à admettre que la Turquie a une réelle vocation à adhérer à l'Union Européenne. Les raisons en sont multiples, nous pensons que l'U.M.P n'affirmes pas ses vrais valeurs et se caches derriére des prétextes culturelles, bien entendu nous attendons de votre mouvement un peu plus d'ouverture, il est strictement normal que les promesses qui ont été formulées au profit de la Turquie soient tenues, la construction de l'U.E doit se faire dans ce sens. De plus, je dois à tous vous rappeler que les cultures ont toutes intérêts à se compléter plutôt qu'a s'affronter. Un refus à la Turquie, aprés tant d'attente, pourrait paraître brutal et irrespectueux. Convenons avec cet Etat d'un "Oui" mai à l'Epreuve.....Nous n'avons plus le choix en réalité....Mr Ben Belkacem.....Je vous embrasses.........

Publié par: Monsieur Belkacem le 8.06.2004 @ 03:07

Mr. Belkacem

Votre message pose la question de la prétendue "promesse" d'adhésion des européens à la Turquie. Je ne partage pas cette analyse.
En 1963, au plus chaud de la guerre froide, la Communauté économique européenne (CEE) a passé avec la Turquie un accord d'association, comportant la perspective d'une adhésion future au Marché Commun.
Par la suite, cette perspective a été largement perdue de vue : secouée par des coups d'Etat militaires, envahissant militairement le nord de Chypre en 1974, réprimant dans le sang les séparatistes kurdes, violant en permanence les engagements pris au Conseil de l'Europe sur le respect des droits de l'homme, multipliant les litiges frontaliers avec la Grèce, organisant un blocus commercial de l'Arménie et perdant leur situation stratégique-clef avec la disparition de l'URSS, la Turquie s'est longuement isolée.
Dans les années 90, sous l'impulsion d'un patronat dynamique et éclairé, et d'une classe moyenne influencée par la diaspora turque d'Allemagne, la Turquie s'est engagée dans une marche progressive vers la démocratie. Cet effort a été salué par l'Union européenne, par la signature du traité d'Union douanière de 1995. J'étais alors Ministre et représentant la Présidence française de l'Union, j'ai signé ce traité à Ankara avec le Premier Ministre turc de l'époque, Madame Tansu Ciller, en lui délivrant le message suivant de la part des Quinze : « par ce traité, qui vous fait entrer dans le Marché Commun, nous honorons l'engagement que nos prédécesseurs avaient pris vis-à-vis de la Turquie en 1963 ». Nous aurions du en rester là.
Cependant entre 1963 et 1995, les Européens se sont lancés dans l'édification d'une union politique, qui a vocation à rassembler les seuls pays européens, dont la Turquie ne peut pas devenir membre, mais dont elle a vocation à être un partenaire privilégié. Cette position a été rappelée deux ans plus tard à Luxembourg.
En décembre 1999, le Conseil européen d'Helsinki a changé de position de manière inopinée. Pour la première fois, la Turquie a été déclarée comme un pays « éligible » à l'entrée dans l'UE. Et c'est là où nous divergeons à l'UMP ! Notre position est de dire que l'entrée dans l'Union douanière en 1995 correspondait à l'accomplissement de l'accord de 1963 signé par le Général de Gaulle et qui équivaut à des relations économiques poussées. En revanche, l'accord de 1963 ne donne pas droit à la Turquie à adhérer à l'UE, communauté politique née trente ans plus tard.

Publié par: Alain Lamassoure le 9.06.2004 @ 17:15

M. Lamassoure,

Votre excellent commentaire du 9 juin 2004 devrait mettre un point final au sujet le l'entrée de la Turquie dans l'U.E. Déjà 6 français sur 10 disent NON. Malheureusement, certains ministres U.M.P. n'ont pas adopté votre position (voire M. Barnier hier soir sur France 2 qui continue de dire la même chose que M. Chirac). Dimanche, je voterai donc, mais pour un parti qui dit non à 100% à la Turquie, afin d'être sûre qu'il me représentera lors du vote en octobre 2004 au parlement.
Pourquoi les français ne sont-ils pas consultés pour des questions aussi importantes?

Publié par: Dominique le 11.06.2004 @ 14:41
 

Cher Dominique,

- les candidats de l'UMP se sont engagés à voter contre l'adhésion de la Turquie, et contre l'ouverture des négociations lorsque ce sera d'actualité le 2 décembre prochain. Ils seront tenus de le faire puisque le Conseil national de notre parti s'y est engagé par un vote massif des militants. Le fait que certaines personnalités expriment une position différente et minoritaire dans notre mouvement ne change rien à cet engagement !

- De plus, les 16 députés européens UMP étaient présents lors d'un vote sur l'élargissement en mars dernier et tous ont voté contre le paragraphe faisant référence à la Turquie. Ceci est un gage de nos votes futurs : avant même que le parti ne prenne une position officielle, nos parlementaires avaient fait un choix très net sur ce sujet.

- Un élément très important est la dimension européenne de votre vote. Voter UMP c'est voter PPE (Parti Populaire Européen) au Parlement européen. Or le PPE est très majoritairement opposé à l'adhésion de la turquie. Voter pour des listes souverainistes opposés à la Turquie mais ne disposant pas de relais européens crédibles n'aura pas le même poids que si le président du groupe PPE, probablement le plus gros groupe dans le prochain parlement, prend la parole publiquement avant le vote pour s'opposer à cette candidature ! Pour cela il faut soutenir le PPE via l'UMP en France, l'UDF ayant prévue de sortir du PPE.

- L'UMP a une position responsable vis-à-vis des turcs. Nous sommes pour un partenariat renforcé et de bonnes relations avec la République de Turquie. Nous n'avons pas fait comme d'autres candidats une campagne « anti-turque », mais une campagne contre l'adhésion de la Turquie à l'UE pour des raisons de fond. Nous serons donc les mieux placés pour les inviter à changer eux-mêmes de projet et privilégier un partenariat privilégié tel que l'envisage le projet de Constitution européenne.

Publié par: Alain Lamassoure le 11.06.2004 @ 19:53

Sur l'organisation d'un référendum sur ce sujet, c'est ma position personnelle depuis très longtemps et je la défendrai au Parlement européen et au sein de l'UMP. Toute nouvelle adhésion à l'Union européenne après celles de la vague de 2007 (la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie et ses voisins des Balkans pacifiés sur lesquels il n'y a pas de débat) doit être soumise à référendum. Pour une raison simple : aller au-delà des frontières de ces Etats, c'est changer la nature du projet politique de l'UE. Je vous invite à noter que l'UMP est la seule formation politique française à avoir organisé un débat en interne avec ses militants sur ce sujet, je ne doute pas que les militants soutiendraient également l'idée d'un référendum. C'est une raison supplémentaire de nous soutenir, les autres formations politiques à vocation majoritaire en France ne donnant pas les mêmes garanties.

Publié par: Alain Lamassoure le 11.06.2004 @ 19:54

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